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                   ALLIANCE REPUBLICAINE POUR LE DEVELOPPEMENT

 

 

Alliance Républicaine pour le Développement

      ARD

 
 

 

 

 

 

 


Djibouti, le 11 février 2012

 

 

« Elections Régionales »

 

L’UMP n’a pas volé le RADD ?

Non : UMP et RADD ont ensemble volé le Peuple !

 

 

La presse du régime, subitement atteinte d’un accès d’objectivité et de pluralisme, est au bord de l’évanouissement idolâtre. Il y a de quoi, à première vue : une liste « indépendante » sortie du néant aurait, contre toute attente et prétendue avancée démocratique dans notre pays, battu le Parti-Etat RPP et ses satellites regroupés au sein de l’UMP, en raflant la mairie de Djibouti-ville lors du « second tour des élections régionales » d’hier vendredi.

 

Certes, nos concitoyens se réjouissent très majoritairement de ce qu’ils voient d’abord comme faiblesse et défaite du pouvoir en place, responsable de la dégradation de leurs conditions de vie et de l’étouffement de toute forme de liberté.

 

Toutefois, en tant que parti responsable, donc véritable adversaire de ce régime, l’Alliance Républicaine pour le Développement (ARD) dénonce cette mascarade et rappelle quelques vérités élémentaires.

 

1) Depuis le référendum du 8 mai 1977, toutes les élections ont été truquées : Mohamed Djama Elabé avait battu Hassan Gouled en 1993 et Moussa Ahmed Idriss avait largement remporté la présidentielle de 1999. Aucun miracle ne peut donc expliquer que les dernières « élections régionales » aient pu échapper à cette règle.

 

2) Ces « conseils régionaux » ne correspondent en rien à la Décentralisation telle que nous l’avions définie dans l’Accord de paix du 12 mai 2001 : ils n’ont aucun pouvoir de décision politique ni aucune espèce d’autonomie financière, ce encore plus gravement dans les districts de l’intérieur.

 

3) Sans que cette même presse du régime ne s’en soit nullement étonnée à l’époque, Ahmed Dini, Père de l’Indépendance, tête de liste de l’opposition aurait été battu aux législatives du 10 janvier 2003 par le Premier ministre Dilleyta Mohamed, débutant coopté en politique. Nul ne peut aujourd’hui croire un seul instant que le conseiller technique bras-cassé d’un Premier ministre lui-même bras-cassé ait pu battre la liste non seulement présentée par son patron direct et président de l’UMP, mais surtout soutenue par le président du RPP, président de la République, Chef du gouvernement, chef des armées, président du Conseil Supérieur de la Magistrature et maître de cérémonie de toutes les inaugurations.

 

Après ces quelques vérités élémentaires, d’autres évidences montrent le ridicule et le pathétique de cette farce des « régionales » qui constitue en réalité une preuve supplémentaire de l’absence de toute démocratie.

 

1) Tant que d’innombrables concitoyens n’ont même pas le droit d’avoir une carte d’identité nationale, l’établissement d’une quelconque liste électorale relève de la pure fantaisie décorative et aucune garantie ne peut être obtenue quant à la transparence de quelque scrutin que ce soit.

 

2) Le régime djiboutien est systématiquement condamné par toutes les instances internationales pour ses violations du droit des travailleurs. Est donc pour le moins suspect le « courage » des membres du RADD, fonctionnaires réquisitionnés, osant défier et vaincre une dictature en place depuis 34 ans, qui plus est sous l’œil admiratif des dirigeants, des forces de répression et de la presse de cette même dictature.

 

3) Le régime djiboutien est de plus en plus condamné pour son recours intensif à la torture, les geôles accueillent de plus en plus de vrais opposants et depuis quelques mois un juge intègre, les enlèvements pour délit d’opinion perpétrés par la police politique continuent. Un état de siège permanent existe depuis le 18 février 2011, cherchant à imposer la terreur pour empêcher toute manifestation pacifique de l’opposition légalisée comme de la société civile : femmes au foyer, cheminots, dockers, étudiants, etc.

 

En définitive, et comme le montre la seule répartition clanique au sein du RADD, formation lancée et financée par le dictateur, ce qui s’est joué vendredi dernier à Djibouti-ville, c’est tout simplement un règlement de comptes au sein du RPP, prélude à une vaste purge.

 

Notre mobilisation citoyenne et pacifique en cours contre cette dictature n’est en rien affectée.

 

La Lutte continue, jusqu’à la victoire !

 

Nous vaincrons !

 

 

 

Le président de l’ARD

Ahmed Youssouf Houmed