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Le Courrier d'Arhotabba |
Numéro 02 - Printemps 2001
S'achemine-t-on vers une paix irréversible?
Nous ne voulons pas d’un multipartisme symbolique
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S'achemine-t-on vers une paix irréversible? Après le mini-séisme politique du 10 février dernier et la nomination d’un 1er ministre,on s’attendait tous à un bras de fer entre le gouvernement et l’opposition. Il n’en est rien puisque selon des sources officieuses, le Frud-armé et le gouvernement sont finalement parvenu à une entente finale dans le cadre des négociations de paix entamées il y a 18 mois de cela. La signature prochaine des accords d’une paix définitive entre les deux parties n’est pas encore annoncée que d’aucuns parlent déjà de la mise en place d’un gouvernement d’union national et de l’application des points inclus dans le texte intégral de l’accord, à savoir : les réparations et indemnisations , les reformes notamment sur la décentralisation ainsi que la consolidation de la paix et de la sécurité. Exit l’article 3 de l’accord sur l’équilibre des pouvoirs ? La prudence étant de mise, nous préférons attendre l’annonce officielle de l’entente pour nous prononcer sur ce point. Mais déjà, notre confiance au Frud-armé et la crédibilité de ses leaders nous laisse présager que la démocratie ne sera pas sacrifiée sur l’autel de cette négociation de paix. Il semble donc que nous nous acheminons vers la paix et la réconciliation nationale, base de tout consensus institutionnel qui permettrait de jeter les bases d’un futur État de droit.Certes, la méfiance doit rester de mise quant à la volonté réelle du régime autocratique de Djibouti à vouloir une paix irréversible, mais nous pensons aussi qu’un aboutissement des négociations avec le FRUD-armée porte en soit le gage d’une garantie dans ce sens. Il est aussi question de légaliser le FRUD-armée comme 5ème Parti (?), en perspective des élections législatives prévues en décembre 2002. Certains voudraient déjà nous faire croire à une quelconque capitulation du FRUD-armée, insultant par-là une grande partie des djiboutien(ne)s et la grande majorité de la communauté afare du pays pour qui le Frud-armé et son président Dini sont le porte flambeau de l’unité national. Il est impératif que chacun ait son propre opinion, mais faut-il encore que ça soit dans le strict respect de la déontologie journalistique Nous vous proposerons dans les jours qui viennent, incha’Allah, une analyse plus profonde de cet événement qui sera annoncé en grande pompe à Djibouti . Que la Paix soit avec vous ! |
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Nous ne voulons pas d’un multipartisme symbolique ! Maintenant que les lampions de la fête se sont éteints, que la paix est enrubannée et que le palais du peuple a retrouvé son air d’éléphant blanc, quelle esquisse peut-on dégager de ces accords ? Quels scénarios prévoir dans les 18 mois à venir ? Il y a dix ans, presque trente ans après ce que l’on a appelé les années d’indépendances,« un vent démocratique » a soufflé sur le continent, perturbant, quelque peu, le climat tropical du fameux «pré-carré ». La plupart des pays africains vécurent alors les fameuses conférences nationales qui, disait-on, allaient sonner le glas des régimes autoritaires et autres Républiques bananières du continent. Cependant, hormis le Bénin et le Mali, la possibilité d’alternance est restée aléatoire malgré le multipartisme qui a été instauré dans la plupart de ces pays. On a eu affaire, alors, à 10 ans de pseudo-démocratisation où les élections furent truquées. Certains régimes procédèrent à un vigoureux processus de restauration autoritaire pour s’accrocher au pouvoir, d’autres, plus magnanimes, ont « imposé un rythme à l’ouverture politique en en déterminant seules les contours, la nature et le contenu». Pour cela, « ils ont édicté des règles du jeu qui, tout en sacrifiant aux aspects les plus élémentaires de la concurrence, leur ont permis, néanmoins de maintenir leur contrôle sur les principaux leviers de l’État et de l’économie ». Avec l’émergence du Frud sur la scène politique et la guerre qui s’ensuivit, notre pays emboîtait le pas à ces pays. En 1992, le multipartisme était inscrit dans une constitution « taillée sur mesure pour le président Gouled par des juristes français ». Beaucoup ont cru, un moment, à une réelle volonté d’ouverture démocratique de la part du régime. Mais c’était sans compter sur l’appuie de F. Mitterrand à son vieil ami. Dans cette constitution, le président « gardait des pouvoirs très étendus et demeurait chef de gouvernement, alors que l’opposition avait toujours demandé que ce soit le Premier ministre qui ait cette compétence » pour établir un meilleur équilibre des pouvoirs. La suite, nous la connaissons… Une décennie après, le régime, sous la houlette de Guelleh cette fois-ci, accepte, une fois n’est pas coutume, de se plier au jeu démocratique tout en gardant, au passage, le contrôle de l’exécutif. Revivrons-nous alors un autre multipartisme symbolique ? Dans les accords signés le 12 mai dernier, le président du Frud-armée a jugé utile de souligner le point suivant, à savoir que «L’instauration du multipartisme intégral dès septembre 2002, ainsi que la transparence électorale garantie par le contrôle d’une commission électorale nationale indépendante»(…) attesteraient «que le peuple djiboutien est réellement libre de choisir ses dirigeants ». L’idée de créer une CENI (commission électorale national indépendante ) n’est pas mauvaise, mais faut-il au préalable que la désignation de ses membres se déroule dans un cadre non partisan. Quant à l’association des partis d’opposition au gouvernement, dans un gouvernement d’union national, elle est nécessaire dans le sens où elle favorise l’émergence progressive d’une culture du compromis, en particulier sur les règles constitutionnelles et les réformes électorales. Aussi, les partis d’opposition pourront se forger une expérience dans la gestion des affaires qui leur permettraient d’assurer une éventuelle alternance, comme ça a été le cas au Sénégal. Mais sans pouvoir exécutif, des désaccords fondamentaux entre le pouvoir et l’opposition pourraient, par exemple, déboucher sur une crise politique. L’avenir du pays dépend de nos élites politiques, en particulier de l’élite au pouvoir. Nous ne voulons plus de multipartisme symbolique mais des réformes politiques très significatives qui permettent une transformation qualitative et irréversible tant du point de vue de la vie civique que du point de vue du bien-être matériel de la population. Ils faut que les articles de l’accord soient suivis à la lettre; la presse doit rester libre et les partis d’oppositions doivent exercer leurs activités sans entraves. Quant à l’Union Européenne et la France, ils doivent quitter leur attitude formaliste et faire une pression continue sur le gouvernement pour que la compétition, lors du scrutin législatif de 2002 se déroule selon des règles acceptées par tous. |
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Cité construite vers le début des années soixante dix, Einguela (Unissez-vous en afar), avait cette particularité d’abriter en son sein les différentes communautés qui colorent la capitale. Afars, Arabes et Somalis y cohabitent en harmonie prouvant par-là qu’en Afrique, les populations veulent vivre ensemble, ce qui arrange rarement les forces politiques en compétition qui font tout pour s’y opposer. Est-ce par démagogie que cette Cité exemplaire a été abandonnée à son propre sort ? Faute d’entretien et de renouvellement du système d’évacuation des eaux usées, les égouts ont commencé à déverser un lac d’immondices à la surface des rues et ruelles de la Cité. Constamment, les conduits étaient bouchés. Les égoutiers assignés à cette tâche ont fini par jeter l’éponge, non pas à cause du maigre revenu que l’État leur versait sous forme de salaire - ils arrondissaient leurs fin du mois en exigeant 500 francs par maison pour dégager les dits conduits - mais parce que les remplacement des équipements tardaient à venir. Pourtant, dès l’apparition du problème, les anciens de la Cité ont déposé plusieurs requêtes auprès de la Société Immobilière de Djibouti. Mais celles-ci sont resté lettre morte ! Lors d’une soirée électorale tenue par R.P.P à l’annexe du quartier 6 pendant l’année 1987, soirée où l’ancien président Gouled était présent, un habitant de la Cité blanche renouvela, publiquement cette fois-ci, les doléances des habitants. Le président y répondit ironiquement en disant que « les habitants d’Einguela étaient assez riches pour résoudre eux-mêmes leur problème !». Qui étaient riches ? Des anciens retraités de l’armée et de la gendarmerie ? Il est vrai qu’un ministre et deux ou trois députés du R.P.P habitaient la Cité, mais ces derniers avaient réglé leur problème en installant des bidets et autres salles de bain; dans leur farniente, ces élus locaux ne pouvaient penser au calvaire de la grande majorité des familles modestes de la Cité ! Aujourd’hui, des tas d’ordures amassés aux abords des maisons et autres nids de poule ternissent l’image de la Cité blanche. Les habitants doivent faire preuve de talents de sauteurs en longueur pour se frayer un passage; pour cela, ils doivent atteindre les îlots de terre dans un lac nauséabond ! Quant aux toilettes régulièrement bouchées, inutile d’y soulager ses besoins naturelles; c’est plein d’eau putride. Où aller ? Avant, il suffisait de se rendre dans la zone des Salines qui servaient non seulement de toilettes de fortune mais aussi de terrains de football. Là-bas, une nouvelle Cité, appelée Cité «saoudie», a été aménagée par une société immobilière privée. Un malheur n’arrivant jamais seul, ce lieu ludique de toute une génération à fait le frais de la fièvre entrepreneuriale qui s’est emparé de certains dirigeants. La nouvelle Cité, arrogante d’éclat, nargue chaque jour qui se lève sa vieille voisine. Ah « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait » ! Au fait, pourquoi s’en prendre à un symbole ? Est-ce qu’on détruit les symboles ? Einguela ma chère, tu as su relever le défi qui était à l’image de ton nom; tes progénitures, issues de la mosaïque de peuples qui caractérisent la nation djiboutienne, ont grandi et maîtrisent ou, à défaut, comprennent la langue afare, arabe, et somalie, faisant un pied de nez à la culture monolithique de beaucoup de quartiers de la capitale. Quelle belle victoire! Me revient alors à l’esprit ce beau mot de Saint Exupéry : «Nous n’héritons pas la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».
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Voici une sélection d’histoires drôles Les petites annonces, de Jacques Toussom, Douala, Cameroun Arrivant à l’improviste au palais présidentiel, un chef d’État trouve son directeur de cabinet, enfoncé dans son fauteuil, les pieds sur son bureau, en train de lire un journal de l’opposition. Aussitôt, celui-ci, confus, rectifie sa position et tente de dissimuler le journal dans un tiroir. Le président l’arrête et, avec un sourire plein d’indulgence : «Je vous en prie, mon ami, continuez. Un bon conseil, toutefois :quand vous arriverez aux petites annonces, lisez attentivement les offres d’emploi» Démocratie, de Ousseynou Cissé, Dakar, Sénégal Le parlement d’un pays africain accueille, pour la première fois, des députés de l’opposition. L’un d’eux prend la parole : En démocratie, commence-t-il, il faut apprendre à écouter chaque citoyen, même si ce qu’il dit est stupide. Silence de mort dans la salle. Puis on entend le président dire : - Parlez, on vous écoute. |
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